Au tout début de l'année, un joli hasard m'avait permis de regarder un film d'animation français monté de toutes pièces par la dessinatrice de bandes dessinées iranienne Marjane Satrapi. Persepolis, adaptation de la bande dessinée autobiographique éponyme, retrace la vie d'une fille née en 1969, 10 ans donc avant la révolution iranienne. Au delà donc d'une simple autobiographie en dessins animés sympas, le film est un document à part entière, une vue à la fois personnelle et authentique de ce qu'a vécu l'Iran durant ces dernières décennies. Ne voulant aucunement gâcher le spectacle de quiconque voulant éventuellement regarder le film, je ne citerai qu'une phrase, prononcée par Anouche, oncle communiste de Marjane, qui déclara, un peu après 'le 99,99% pour le régime islamique' lors du référendum d'après-révolution: "C'est normal, chaque révolution a sa période de transition. La moitié du pays est illettrée. Le nationalisme et la morale religieuse sont les seules choses qui peuvent rassembler les gens." . Une citation atemporelle et géographiquement valable partout, qui m'aurait marqué à jamais.
Quelques mois après, la glorieuse et pieuse république islamique organise des élections présidentielles. Je regardais ceci de loin, sans grand intérêt. D'une part, je croyais que toute concurrence au populisme d'Ahmedinejad serait condamnée à l'échec. D'une autre, même cette dite concurrence, sur le papier "réformiste", est menée par un certain Mir Hossein Mossavi, ex-premier ministre durant les moments les plus rudes de la Sainte-République, ceux de la guerre contre l'Irak.
Les jeux semblaient faits, et les dés jetés. Soudain, le peuple surgit. Une énorme vague humaine ayant marre de leur quotidien, de la répression, du déphasage énorme avec le reste de l'humanité, de l'aveuglement au nom de Dieu et des bombes nucléaires. Devant choisir forcément un des 2 camps, ils se rabattent sur Moussavi, qui fait décidement figure d'un repenti. Il affirme s'être retiré volontairement du champ politique pour se remettre profondément en cause. Notamment à l'aide de sa femme, qui le pousse progressivement à revenir à sa vocation de peintre et ne pas imposer le voile à sa fille.
C'était dit, les dés étaient jetés d'avance. Le 'fils du peuple' aurait gagné confortablement avec 63,3% des voix. Sauf que ce résultat avait l'air de tout sauf une vérité à accepter avec du fair-play. La vague verte se releva encore plus fort, s'indigna de cette fraude historique. Ni les mollahs ringards, ni le pitoyable guide-suprême, et même pas les milices sauvages des bassidjis n'ont pu dissuader (en tout cas aussi facilement qu'ils l'espéraient) la foule qui n'en pouvait plus.
Les morts se comptaient en dizaines, on n'arrivait par contre pas à compter le nombre de blessés, d'enlevés, de disparus ou de femmes violées par les fous de Dieu. L'image de la jeune Neda Agha-Soltani s'écroulant restera à jamais dans la mémoire de ceux qui ont suivi ces évènements, qui auront changés le cours de vie de quelques millions de personnes, d'une façon ou d'une autre.
Hommage à tous ceux qui y ont laissé leur vie, ou un être cher. Hommage également à tous ceux qui continuent encore à braver les interdictions pour faire valoir leurs valeurs de liberté et de démocratie. Hommage à ceux là et tous ceux qui ont conforté tous les démocrates de l'âme dans leurs certitudes.
Quelques mois après, la glorieuse et pieuse république islamique organise des élections présidentielles. Je regardais ceci de loin, sans grand intérêt. D'une part, je croyais que toute concurrence au populisme d'Ahmedinejad serait condamnée à l'échec. D'une autre, même cette dite concurrence, sur le papier "réformiste", est menée par un certain Mir Hossein Mossavi, ex-premier ministre durant les moments les plus rudes de la Sainte-République, ceux de la guerre contre l'Irak.
Les jeux semblaient faits, et les dés jetés. Soudain, le peuple surgit. Une énorme vague humaine ayant marre de leur quotidien, de la répression, du déphasage énorme avec le reste de l'humanité, de l'aveuglement au nom de Dieu et des bombes nucléaires. Devant choisir forcément un des 2 camps, ils se rabattent sur Moussavi, qui fait décidement figure d'un repenti. Il affirme s'être retiré volontairement du champ politique pour se remettre profondément en cause. Notamment à l'aide de sa femme, qui le pousse progressivement à revenir à sa vocation de peintre et ne pas imposer le voile à sa fille.
C'était dit, les dés étaient jetés d'avance. Le 'fils du peuple' aurait gagné confortablement avec 63,3% des voix. Sauf que ce résultat avait l'air de tout sauf une vérité à accepter avec du fair-play. La vague verte se releva encore plus fort, s'indigna de cette fraude historique. Ni les mollahs ringards, ni le pitoyable guide-suprême, et même pas les milices sauvages des bassidjis n'ont pu dissuader (en tout cas aussi facilement qu'ils l'espéraient) la foule qui n'en pouvait plus.
Les morts se comptaient en dizaines, on n'arrivait par contre pas à compter le nombre de blessés, d'enlevés, de disparus ou de femmes violées par les fous de Dieu. L'image de la jeune Neda Agha-Soltani s'écroulant restera à jamais dans la mémoire de ceux qui ont suivi ces évènements, qui auront changés le cours de vie de quelques millions de personnes, d'une façon ou d'une autre.
Hommage à tous ceux qui y ont laissé leur vie, ou un être cher. Hommage également à tous ceux qui continuent encore à braver les interdictions pour faire valoir leurs valeurs de liberté et de démocratie. Hommage à ceux là et tous ceux qui ont conforté tous les démocrates de l'âme dans leurs certitudes.